Propos recueillis par Fabrice Bianco pour Novopress France.
Depuis plusieurs mois, un entretien de Guillaume Faye circule sur internet. Cet entretien est un faux, ainsi que Novopress l’expliquait dans son édition du 3 août 2006 (1).
Nous écrivons bien « depuis plusieurs mois », parce que son apparition sur le net est beaucoup plus ancienne que nous le pensions. Chronologiquement, on en trouve la première trace sur un blog (2) dès le 17 mai (soit près de deux semaines avant qu’un inconnu ne la propose « en exclusivité » à la rédaction de Novopress) : une intervenante en cite les extraits qui révèlent le passé « néo fasciste » de Joseph Macé-Scaron, actuel rédacteur en chef adjoint de Marianne, mais qui a fait ses premières armes au GRECE (3). L’auteur du message renvoie à Indymedia Paris, mais on n’y trouve depuis nulle trace de l’entretien (4). Il est à nouveau fait mention de celui-ci le 31 mai, sur les sites de l’hebdomadaire Marianne (5) et de Hardware.com (6), le 2 juin sur le forum d’Adsav.info (7). En outre, la fiche que l’« Encyclopédie libre » Wikipédia consacre le 15 juin à Joseph Macé-Scaron cite elle aussi l’entretien et, dans un style étonnamment similaire, en reprend les principales informations (8). C’est pourtant sa récente publication le 27 juin sur le forum de Subversiv.com (9), reprise sans vérification par Altermedia.info (10) puis par divers sites étrangers, qui a déclenché l’actuel micro scandale qui secoue aujourd’hui la « mouvance nationale ». La supercherie a depuis été révélée par France-Echos qui a démenti avoir réalisé ou publié le moindre entretien de Guillaume Faye.
Bien évidemment, chacun s’interroge sur le ou les auteurs de cette opération de désinformation. Car il s’agit bien d’une véritable opération. Le faux entretien est trop bien documenté, trop détaillé pour être l’œuvre d’un amateur. Son apparition sur différents sites prouve la volonté de lui garantir un retentissement maximum. Autre question : qui est visé ? Guillaume Faye ? A priori cela semble évident. Mais pourquoi et par qui ? Certains milieux sionistes, qui depuis quelques temps aimeraient bien enrôler les « nationaux » sous la bannière d’Eretz Israël, ont-ils cherché à s’accaparer l’écrivain malgré lui ? Ou bien, certains « révolutionnaires » islamolâtres ont-ils tenté de discréditer un penseur dont l’influence est indéniable dans les milieux de la Droite radicale au plan international ? La cible ne serait-elle pas (aussi) Joseph Macé-Scaron, dont le passé, que d’aucuns jugent sulfureux, est opportunément révélé ? Dans ce cas, la mise en avant de Faye ne servirait-elle qu’à brouiller les pistes ? Le chef d’orchestre a-t-il voulu faire d’une pierre deux coups : mettre la zizanie dans la « mouvance nationale » (ou y asseoir sa position) tout en « grillant » professionnellement un ancien gréciste rangé des voitures ? Il est encore trop tôt pour répondre à ces questions.
Pour l’heure, Guillaume Faye, joint par téléphone, nous livre en exclusivité ses commentaires sur cette opération de désinformation et il en profite pour nous révéler les grandes lignes de son prochain ouvrage.
Novopress : Guillaume Faye, un entretien que vous auriez accordé au site France-Echos circule actuellement sur le net. Vous y tenez des propos étrangement pro-sionistes et pro-israéliens et vous y réglez des comptes avec certains anciens amis de la Nouvelle Droite, notamment l’écrivain et journaliste Joseph Macé-Scaron. Or France-Echos vient de démentir avoir publié le moindre entretien de vous. Confirmez-vous que celui-ci est un faux et, si c’est le cas, d’où vient le coup ?
Guillaume Faye : Je viens d’apprendre l’existence de cet entretien. Comme je n’ai pas internet, je le découvre grâce à votre envoi. Je n’ai jamais rencontré qui que ce soit de France-Echos et je n’ai jamais donné cet entretien. Je ne peux pas affirmer avec certitude d’où vient le coup mais ça ne m’étonnerait pas qu’il vienne des mêmes qui m’avaient piégé voici six ans avec une interview bidonnée. Concernant mes « anciens amis du GRECE », je me souviens qu’il y a bien six mois, dans un dîner, quelqu’un qui se présentait comme le collaborateur d’une jeune revue m’a demandé si Joseph Macé-Scaron avait été membre de cette association. J’ai répondu oui. Il m’a demandé s’il était anti-juif. J’ai répondu : « je n’en sais rien et je n’en ai rien à cirer ! ». Et c’est tout. Point final. Les propos qu’on me fait tenir dans cet entretien sont complètement contradictoires avec tout ce que j’ai écrit dans mes bouquins. Alors, je ne sais pas d’où vient le coup, mais visiblement il y a quelqu’un qui cherche à provoquer la division dans nos milieux. Et puis il y a des types que je n’ai jamais rencontrés, ou que j’ai rencontrés dix minutes une fois dans ma vie et qui me détestent. Allez savoir pourquoi ! Je crois qu’il doit y avoir aussi de la jalousie… Le problème d’internet, c’est que l’on peut y raconter ce que l’on veut, sans aucun contrôle possible. Moi, j’ai tapé mon nom et j’ai trouvé ma biographie : tout est faux ! On m’attribue des bouquins que je n’ai pas écrits, on ne mentionne pas des bouquins que j’ai écrits, on raconte n’importe quoi sur ma biographie comme sur mes idées. Et on ne peut pas faire de procès parce que ça coûte cher. Précision : les petits malins qui ont publié en ligne cette interview ont repris en les déformant des idées sur Israël et les juifs exprimées dans mon livre « Le coup d’Etat mondial, essai sur le Nouvel Impérialisme Américain », sans doute afin de « coller » à mon style. Mais maladroitement. Je suis ravi qu’on s’intéresse tant à mes positions, mais, de grâce, qu’on me lise avec attention. Je sais que c’est beaucoup demander à une génération qui fatigue au bout de 3.000 signes sans photo.
Novopress : Est-ce la première fois que vous êtes victime de ce genre de manœuvres ?
Guillaume Faye : Non, comme je l’évoquais, il y a déjà eu, il y a deux ans, la publication d’une pseudo interview où deux gugusses m’avaient enregistré et qui ont ensuite raconté n’importe quoi et publié une interview truquée dans une feuille d’extrême droite et sur internet. A l’époque je n’ai pas fait de procès parce que « extrême droite contre extrême droite », ça finit toujours par des éclats de rire de l’adversaire. Je suis sans cesse victime de propos qu’on me prête et la meilleure chose à faire pour connaître mes opinions est de lire mes bouquins, mes articles et ma lettre d’information Signal D’Alarme (SDA - Constant Héraut, 5, Cours Dr J. Damidot, 69100 Villeurbanne).
Dans l’affaire d’aujourd’hui, il y a quand même un truc très curieux. Je me suis rendu au congrès d’American Renaissance, un lobby anti-Bush dont la position est « plutôt que d’aller faire les cow-boys en Irak, occupons-nous de notre frontière mexicaine. » Ils ne sont ni pro sémites, ni antisémites et ils se désintéressent totalement du conflit israélo-palestinien. Suite à ma conférence, des articles contre moi ont été publiés, notamment dans le Washington Post. Ce que j’ai dit pendant cette conférence, c’est : « plutôt que d’aller faire les cons au Moyen Orient, défendez-vous sur votre sol contre les flux migratoires qui sont moins graves que les nôtres mais qui sont quand même importants. » Mon topo, comme ceux que j’ai prononcés récemment en Russie, en Espagne, en Allemagne et au Canada, était uniquement axé sur la défense, dans le monde entier, de l’identité menacée des peuples d’origine européenne, autour de quatre notions :
- ethnopolitique au dessus de la géopolitique ;
- Eurosibérie ;
- Septentrion et choc Nord-Sud ;
- Menace de l’Islam.
Là-dessus, on m’envoie une photo parue sur le site de vox nr (11) : moi en train de parler sur fond de drapeau israélien. Ce qui est extraordinaire, c’est que sur cette photo je suis en costume et cravate noirs. Or, lors de la conférence d’American Renaissance, je portais un veston blanc. Et surtout, j’y apparais en noir et blanc sur fond de drapeau en couleur ! Et le texte de l’intervention qui m’est attribuée est complètement faux ! On n’a pas parlé des juifs, ce n’était pas le sujet. Le discours que j’ai fait (et que j’ai fait à deux reprises en Allemagne) s’intitulait « De la géopolitique à l’ethnopolitique » et je n’abordais pas la question juive. Mais au cours de la conférence, David Duke, le Président de l’European American Unity and Rights Organization, m’a demandé : « qu’est-ce que vous pensez du conflit israélo-arabe ? » Je lui ai répondu : « Ce n’est pas le sujet de mon intervention. Je ne me positionne pas là-dessus, pas plus que je ne me positionne dans le conflit entre les Tibétains et les Chinois. Ce n’est pas mon problème, je m’intéresse à ce qui se passe chez moi. » (12) Et c’est à la suite de ça que sont apparus sur internet des articles qui m’étaient hostiles et notamment cette photo de moi sur fond de drapeau israélien. Sincèrement, imaginez-vous un drapeau israélien au congrès d’American Renaissance ? Même au congrès de l’American Israel Public Affairs Comity, ils n’affichent pas de drapeau israélien. Il s’agit donc bien d’un montage grossier, ce qui prouve qu’internet n’est pas un media fiable. Dans ma lettre d’information SDA, je me fie beaucoup plus aux agences de presse internationales et à mes correspondants particuliers.
Et le plus extraordinaire, c’est que, d’après ce qu’on m’a dit, il y a un journal juif, que je ne connais pas (The Forward, je crois), qui a critiqué ma conférence en disant que j’avais parlé des juifs et en me présentant comme un horrible raciste et antisémite européen. Or, je n’ai jamais écrit la moindre ligne pour ou contre Israël, pour ou contre les juifs.
Novopress : Qui a intérêt à diviser la mouvance nationale sur la question proche et moyen orientale ?
Guillaume Faye : Selon moi, il s’agit de la petite fraction islamophile et pro-immigration que compte l’extrême droite, celle qui prend aveuglément parti pour les musulmans. Ma théorie, que je développe dans mon prochain livre et dont je vous parlerai tout à l’heure, est que nous n’avons pas à défendre les musulmans au nom de je ne sais quelle idéologie des Droits de l’Homme alors qu’ils nous envahissent en ce moment. Qu’est-ce que j’en ai à battre que juifs et Arabes se fassent la guerre entre eux ? Ce n’est pas mon problème ! Ce n’est pas le problème des Européens. On a d’autres urgences à régler. Selon moi, au Liban les Israéliens se sont laissés prendre dans un piège, comme les Américains en Irak. C’est ce que je dis dans mon bouquin sur le nouvel impérialisme américain. On peut être antiaméricain, antisioniste, ce qu’on veut, mais il est lassant que les Européens s’intéressent sans cesse aux autres. On a des problèmes bien plus urgents à régler. Nous ne devons pas nous déterminer par rapport à une problématique judéo-arabe. C’est de la déculturation politique. C’est une sortie de l’Histoire. Nous devons nous recentrer sur les défis qui nous menacent. Apprenons à être enfin égoïstes comme le sont tous les peuples du monde.
Novopress : La focalisation quasi exclusive de certains sur des évènements qui - pour extrêmement importants qu’ils soient - se déroulent à des milliers de kilomètres, et surtout, sur lesquels la « mouvance nationale » n’a aucun moyen d’action réel, n’est-elle pas aussi une façon de maintenir celle-ci dans le domaine du simulacre et de l’imprécation et de la dissuader d’agir concrètement sur ce qui se passe dans nos rues ?
Guillaume Faye : Exactement ! Il faut agir concrètement dans la rue. C’est ce que font les Identitaires avec leurs soupes pour les sans-abri. Mon copain Philippe Randa, des Editions Dualpha, vient de publier un livre de Gilles Falavigna (13) sur l’état des banlieues. Falavigna est un type qui a travaillé à Drancy dans le secteur social. Lorsqu’il a été interviewé par Rivarol, il a déclaré que dans les banlieues, les juifs étaient sans doute contre les Arabes, ce qui est somme toute logique, mais que ce n’était pas son problème : lui, il s’intéresse aux femmes voilées, aux filles blanches violées, etc. Moi, qu’est-ce que j’en ai à faire que les Israéliens bombardent Cana ? Est-ce que Jules César, lorsqu’il partait à la conquête de la Gaule, s’intéressait à ce qui se passait en Chine ? Il y a dans nos milieux une obsession judéo-maniaque : pour ou contre les juifs ? Pour ou contre les Israéliens ? Je fais paraître à la rentrée un livre dont je ne révèle pas encore le titre mais qui traite de ce problème juif. J’y écris que la communauté juive est complètement divisée, schizophrène et au bord de l’explosion. Mais ça ne résoudra pas notre problème. Ce sujet obsède tout le monde et c’est pour bien mettre les choses au point - et afin d’établir pour nos milieux une doctrine enfin claire et simple sur la question juive et la question d’Israël, sans haine, sans tabous, sans inféodation - que j’ai décidé d’écrire ce livre. JE NE SUIS NI SIONISTE, NI ANTISIONISTE : CE N’EST PAS MON PROBLÈME !
Novopress : Afin de clarifier les choses une bonne fois et pour faire taire les rumeurs, êtes-vous oui ou non devenu sioniste ?
Guillaume Faye : Enfin ! Comment voulez-vous que je sois sioniste puisque je ne suis pas juif ? Je ne suis ni sioniste, ni antisioniste : ce n’est pas mon problème ! On n’a pas à prendre parti. Est-ce qu’un Africain ou un Israélien va se demander : « suis-je pour Ségolène Royal ou pour Sarkozy ? » Il n’en a rien à foutre ! Il faut oublier ces problèmes-là ! On a un problème en France, c’est l’immigration. Alors bien sûr, la question qui se pose, c’est effectivement le rôle des intellectuels juifs dans celle-ci. Ces derniers, d’ailleurs, sont en train de tourner casaque et de se mordre les doigts de ce qu’ils ont fait. Mais, comme je le démontre dans mon prochain essai, le lobby immigrationniste est très loin d’être dirigé par l’intelligentsia juive ! Le rôle des goyim francs-maçons, chrétiens, néo-marxistes islamolâtres y est beaucoup plus important.
Novopress : Donc, Guillaume Faye avec une kippa ce n’est pas pour demain ?
Guillaume Faye : Je ne porterai pas plus la kippa que le turban. Je ne me détermine pas face au camp des autres. Je ne suis ni sioniste, ni pro-juif, ni anti-juif, ni quoi que ce soit. C’est une question que je traite de manière historique. C’est le sujet du livre que je vais publier à la rentrée aux Editions du Lore et que j’évoquais tout à l’heure. Je sais que les doctrines que j’y développe heurtent tous les camps, tous les dogmes, toutes les certitudes. Je me moque de prendre des coups et d’être diffamé. Verba volent, scripta manent, les écrits restent, les paroles volent.
Novopress : Dans ce livre à paraître à la rentrée, vous abordez la question juive ?
Guillaume Faye : Dans ce livre, dont un élément paraîtra dans le prochain numéro de ma lettre d’information SDA, je dis : « Voilà ce que sont les juifs, voilà ce qu’ils ne sont pas. » Je dis tout d’abord, que la communauté juive n’est plus ce qu’elle était dans les années soixante et soixante-dix. Elle est maintenant très ennuyée. Il faut savoir qu’il y a deux communautés juives. L’une, religieuse, qui ne s’intéresse qu’à elle-même. La deuxième, composée des intellectuels juifs, est celle qui a favorisé l’immigration. Et au sein de cette communauté, beaucoup (mais pas tous) s’aperçoivent qu’ils ont commis une énorme erreur en faisant ça. Le représentant-type en est Finkielkraut. Ils se disent qu’après tout, ils auraient peut-être dû rester en Europe parce que, contrairement à ce qu’on a prétendu, les Européens n’ont pas été si antisémites que ça, en tout cas beaucoup moins que le monde arabe. La preuve : les juifs, après l’indépendance du Maghreb, sont venus en France. Pourquoi ne sont-ils pas restés là-bas ? Bizarre, non ? La deuxième thèse que je défends dans mon livre, c’est que l’Etat d’Israël est peut-être, à terme, condamné pour des raisons démographiques. Mais je ne trouve aucune matière à m’en réjouir et je ne vois pas en quoi l’éradication d’Israël résoudrait nos problèmes face à l’assaut de l’Islam et du Tiers-Monde. Ma troisième thèse est en fait une question philosophique : pourquoi ce petit peuple a-t-il eu tant d’influence sur le monde occidental ? Je ne suis ni anti-juif, ni pro-juif, ni anti-Arabe, ni pro-Arabe, j’observe l’Histoire. Et je dis que dans le monde à venir, qui sera en partie dominé par les puissances émergentes et colossales, la Chine et l’Inde, la question juive perdra progressivement de son importance. J’aborde également le problème du révisionnisme. Simone Veil elle-même a souhaité l’abrogation de la loi Gayssot en estimant qu’elle avait été une énorme bêtise. Aux USA, les lobbys juifs se sont toujours opposés à des lois de ce type. Je dis que nos milieux commettent une erreur en pensant qu’une fois que LE tabou sera levé, tout va changer. Le problème, c’est que 95 % des Arabes sont révisionnistes et que ça ne change rien pour nous. Les Européens ne sont pas culpabilisés par la Shoah, ils sont culpabilisés par le colonialisme, l’accusation d’esclavagisme, l’ethnomasochisme chistianomorphe et l’égalitarisme d’une manière générale. Les Européens sont culpabilisés par une maladie intérieure. Les juifs ont peu de choses à voir là dedans. Donc pour moi, le révisionnisme n’est pas le combat essentiel.
Novopress : Force est de constater, depuis cinq ans, l’éclosion sur internet de sites soi-disant « patriotiques » et « anti-immigration » viscéralement sionistes et pro israéliens. On a vraiment l’impression d’assister à une opération de séduction des milieux nationalistes et identitaires par certains membres de la communauté juive. Cette séduction consiste, sur ces sites, à leur dire : « allez, les p’tits gars ! Montez en première ligne contre les hordes d’immigrés arabes et antisémites et faites le sale boulot ! » Cela renvoie directement au Prince, dans lequel Machiavel décrit des stratégies similaires ; avec l’élimination de ceux qui se sont salis les mains (et suscités quelques rancoeurs) une fois la besogne accomplie. Qu’en pense le Machiavélien que vous êtes ?
Guillaume Faye : Moi, ma réponse est très simple : « je n’ai besoin de personne en Harley-Davidson ! » Même si des nationalistes juifs se rallient à notre cause, je ne m’allierai pas avec eux contre les Arabes. Il ne faut pas envisager d’alliance avec la communauté juive. Il faut cyniquement raisonner comme eux. Ils se défendent de leur côté, nous nous défendons du nôtre. Il ne faut pas qu’ils s’imaginent une seconde qu’on va se battre pour eux. De même qu’ils n’ont pas l’intention de se battre pour nous. On se bat pour nous ! C’est le problème de la troisième voie. Il est hors de question de s’allier aux juifs contre les Arabes, ou de s’allier aux Arabes contre les juifs. En plus, les juifs ne représentent pas en France une menace démographique. Certains représentent pour nous une menace politique et culturelle, mais il s’agit d’une minorité d’intellectuels juifs. Et ce n’est pas en tant que juifs qu’il faut attaquer ces intellectuels qui nous détestent, mais en tant qu’idéologues décadentistes et naïfs. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège de l’antisémitisme anti-dreyfusard. Sinon, ça leur devient hyper facile de nous attaquer avec les habituelles accusations d’être en faveur de la « Shoah ». Bref, moi je dis simplement : « arrêtons d’être obsédés par les juifs ! ». Nous n’irons pas les défendre. Ils ne viendront pas nous défendre. La meilleure position est de les considérer en tant qu’un peuple comme les autres. Simplement, j’estime que six millions de musulmans présents en France et en augmentation constante semblent poser un problème ethnopolitique plus grave et plus pressant que six cent mille juifs. Il ne faut pas être obsédé par le passé, mais préparer l’avenir et ne pas vivre avec un rétroviseur dans la tête.
Novopress : Sans se focaliser sur le Proche et le Moyen Orient, peut-on vraiment se désintéresser de ce qu’il s’y passe, dans la mesure où ces évènements sont susceptibles d’entraîner des conséquences pour la France et pour l’Europe ? Peut-on vraiment se désintéresser des propagandistes qui essaient de mettre la confusion dans l’esprit des gens entre ce qui se passe dans les banlieues françaises et ce qui se passe en Palestine, en tentant d’assimiler jeunes palestiniens aux racailles de banlieues ?
Guillaume Faye : Bien sûr que non ! Il ne s’agit pas de s’en désintéresser ni d’assimiler les émeutiers des banlieues aux Palestiniens. La révolte des banlieues est ethnique. Elle est principalement motivée par un complexe d’infériorité et de revanche qui relève de la psychanalyse politique. L’assimilation aux Palestiniens est bidon. Ce que je dis, c’est que nous aurions des problèmes en banlieues même sans le conflit au Moyen Orient, et que nous aurions des problèmes avec le djihad et avec les musulmans même sans l’existence de l’Etat d’Israël. Israël n’est pas un facteur déclenchant, mais aggravant. Ce que peu de gens savent, et que j’explique dans mon prochain livre, c’est que le sionisme ne date pas de 1947. Les premières colonies juives en Palestine remontent aux années 1880 sur des terres achetées par le Baron de Rothschild. Donc, Il ne faut pas se désintéresser des problèmes au Proche et Moyen Orient, mais il ne faut pas se focaliser dessus. Lorsque, dans nos milieux, je vois certains militants s’inquiéter de la cause palestinienne - « masturbation mentale, substitution d’idéal-type » - ou plaindre les libanais bombardés par Israël, je constate que ces derniers ne s’intéressent pas à nos problèmes au moment même où nous sommes en proie à une islamisation massive. Pourquoi s’indigner pour les autres ? Lorsque j’en vois d’autres se solidariser à fond avec Israël, je me pose la même question. Pourquoi penser qu’Israël est le bouclier de l’Occident ? Notre seul bouclier, c’est nous-mêmes. Machiavel disait qu’on ne combat que pour soi-même et que toute alliance ne doit jamais dépasser un certain « degré d’intensité » qui est « le seuil de la naïveté ». Tout le problème est de se définir soi-même, de s’attacher à sa propre identité plus qu’à celle des autres. It’s a long way… Je préciserai tous ces points dans mon prochain bouquin. On va bien rigoler…
Propos recueillis par Fabrice Bianco pour Novopress France
(1) http://fr.novopress.info/?p=5623
(2) http://elizabethflory.blogs.com/weblog/2005/12/illustres_incon.html
(3) Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne
(4) http://paris.indymedia.org/article_propose.php3?id_article=62077
(5) http://www.marianne-en-ligne.fr/forum/categories/virtual/3385/50165/reponses.phtml
(6) http://forum.hardware.fr/hardwarefr/Discussions/Le-journal-Marianne-sujet-52019-1.htm
(7)http://www.i-services.net/membres/forum/messages.php?user=46213&idsalon=85645&idsujet=956652&page_index=0
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Mac%C3%A9-Scaron
(9) http://forum.subversiv.com/index.php?id=190644
(10) http://fr.altermedia.info/general/guillaume-faye-avoue_9376.html
(11) http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EEuEVZAkFlvGyogzKI.shtml
(12) Un compte-rendu de la conférence est disponible (en anglais) sur http://www.davidduke.com/?p=496
(13) Gilles Falavigna : Banlieues en feu, préfacé par Nicolas Tandler, Éditions Dualpha, 2006 (http://www.libre-diffusion.com/)