18.03.2008

Survivre avec les loups : « Nous te faisons vouloir ce que nous voulons que tu veuilles »

Survivre avec les loups : « Nous te faisons vouloir ce que nous voulons que tu veuilles »

 La longue réussite (10 ans) de la falsification de l’histoire que constitue le livre Survivre avec les loups illustre parfaitement la définition de la désinformation qu’en donne le Russe Sergueï Kara-Mourza dans son livre La Manipulation de la conscience (1) : « Nous pénétrons dans ton âme, dans ton inconscient, et nous te faisons vouloir ce que nous voulons que tu veuilles. »

 Paru en 1997, Survivre avec les loups a été traduit dans 18 langues. Le film qui vient d’en être tiré en France par Véra Belmont (avec Guy Bedos) a totalisé, après cinq semaines d’exploitation, plus de 540.000 entrées.

Livre et film racontent « l’autobiographie vraie de Misha Defonseca », une petite juive bruxelloise de 8 ans qui, en 1941, équipée seulement d’une boussole, met le cap vers l’Est, à pied, en plein hiver, pour rejoindre ses parents déportés à Auschwitz et qui se retrouve en Ukraine à 3.000 Km de la Belgique. Durant son trajet, elle est adoptée par plusieurs meutes de loups, toutes également affectueuses. Elle reviendra en 1945 à son point de départ, cette fois-ci en passant par les Balkans et l’Italie. Avec, en prime, les plus incroyables épisodes, en particulier avec les loups.

 Le livre pendant 10 ans et le film tout récemment ont fait l’objet des critiques les plus flatteuses dans les grands medias qui ont insisté sur leur caractère authentique et emblématique de cette période de l’histoire. Tout était réuni pour assurer le succès de l’œuvre : des attaques contre l’église catholique, la Shoah, les horribles nazis, les loups, etc.

Les rares spécialistes des loups qui se sont aventurés à prétendre que cette histoire était totalement impossible, en particulier le Dr Serge Aroles, se sont faits traiter de tous les noms. Il faut d’ailleurs noter que ces spécialistes des loups étaient des amateurs de la spécialité. Les professionnels, eux, se sont tus jusqu’à la révélation de la falsification, probablement pour ne pas risquer leur carrière en osant une suspicion aussi politiquement incorrecte.

La falsification de l’histoire opérée dans Survivre avec les loups durerait sans doute encore si « Misha Defonseca » n’avait intenté (et gagné) un procès à son éditrice américaine pour une mercantile histoire de droits d’auteur. Cette dernière, pour se venger, a fait des recherches sur l’identité de l’écrivain qui vit actuellement aux Etats-Unis. Elle à découvert récemment (et l’a publié sur un blog) que « Misha Defonseca » s’appelait en fait Monique De Wael, qu’elle n’avait rien de juive mais avait été baptisée dans la foi catholique par ses parents (certificat de baptême à l’appui) ; Et qu’en outre, au moment des faits relatés, elle était élève dans une école belge (photocopie du registre de l’école à l’appui) (2). Monique De Wael a alors été obligée, le 29 février 2008, d’avouer la falsification de l’histoire au quotidien belge Le Soir (3).

Nos enfants échappent ainsi à la projection obligatoire du film en clase de CM2, avec devoirs à faire en classe et à la maison sur le sujet (voir ci-dessous Guy Bedos.)

Bien entendu le Réseau Education sans Frontières (RESF) avait fait la promotion de ce « grand film qui nous montre avec force que l’histoire n’a pas de fin » (4), et avait fait la promotion du livre. Ce Réseau n’est pas à une désinformation près !

Si des millions de de lecteurs et de spectateurs sensés ont cru pendant 10 ans à ce livre et plus récemment à ce film, et ce malgré les incohérences énormes qu’ils contiennent, c’est parce qu’ils sont victimes sur ce sujet (comme sur beaucoup d’autres) de la désinformation : « Nous pénétrons dans ton âme, dans ton inconscient, et nous te faisons vouloir ce que nous voulons que tu veuilles. »

Et depuis la révélation de la falsification, les déclarations et commentaires que l’on peut lire dans la presse et sur Internet démontrent que de nombreuses personnes sont toujours victimes de cette désinformation de leur esprit. Souvent, elles n’en veulent pas tellement à « Misha Defonseca » de les avoir trompées. Elles en veulent davantage à ceux n’y ont pas cru et qui les ont empêchés de « croire à ce que nous voulons que tu croies » !

Reste une inconnue. Guy Bedos, l’un des principaux acteurs du film, en a assuré une très importante promotion sur les plateaux de télévision. Il a proposé que l’on montre le film dans toutes les écoles de France. Guy Bedos est-il dans cette histoire :

- un désinformateur, comme il en a l’habitude,

- ou bien un désinformé, un idiot utile ?

Xavier Merlin pour Novopress France

(1) Paru en Russie en 2000. Non traduit en Occident. Il est intéressant de signaler que l’auteur, né en 1939, a bien connu de l’intérieur le communisme totalitaire soviétique et qu’il pense que la désinformation est moindre dans une dictature que dans une démocratie. Dans une dictature, le pouvoir n’a besoin que de l’acceptation par la majorité du peuple puisqu’il dispose par ailleurs de la force, du goulag. Dans une démocratie, le pouvoir a besoin de désinformer davantage de façon à obtenir l’approbation du peuple, et non plus seulement l’acceptation : « Nous te faisons vouloir ce que nous voulons que tu veuilles. » Le tyran a la bastille ; la démocratie a le poste de télévision, lequel a l’avantage non seulement de diffuser de la désinformation, mais d’occuper l’esprit de manière à empêcher une information plus objective. Dans La Désinformation vue de l’Est (Monaco, Editions du Rocher, collection Désinformation, 2007) Vladimir Volkoff se livre à une analyse critique de l’ouvrage de Sergueï Kara-Mourza. (

2) Voir le blog : http://www.bestsellerthebook.blogspot.com

(3) Voir également l’interview de l’auteur par Le Figaro.

(4) http://www.educationsansfrontieres.org/?article10499

17.03.2008

Notre devoir de mémoire : Pierre Drieu La Rochelle

1266229688.jpgPierre Drieu La Rochelle est né le 3 janvier 1893 et mort le 15 mars 1945 à Paris. En 1907, alors âgé de 14 ans, il découvre Ainsi parlait Zarathoustra, de son futur maître à penser Friedrich Nietzsche. Après un séjour en Allemagne et en Angleterre, il se définit comme « germanophile et anglomane ».
 
La guerre de 1914 éclate, il sert dans l’infanterie et sera blessé trois fois. Le choc de la guerre le marquera à jamais et déterminera toute son œuvre à venir*.
 
Au lendemain de la guerre, il se lie d’amitié avec Aldous Huxley, l’auteur du roman d’anticipation Le meilleur des mondes. Il dévore les livres de Shakespeare, de Gœthe, de Schopenhauer, de Dostoïevsky, de Proudhon, de Sorel, de Barrès, de Kipling, de Péguy, de Guénon, et de Maurras. Ses premiers poèmes sont publiés en 1917 avec Interrogation. Entre 1920 et 1924, il est tenté par le dadaïsme, se rapproche des surréalistes André Breton et Paul Éluard, et l’on peut voir apparaître son nom dans La Revue Littérature. Il devient l’ami de Louis Aragon. Mais en 1925, il signe un article historique dans la N.R.F. : la véritable erreur des surréalistes, qui le sépare pour toujours de l’avant-garde. Entre-temps, il écrit et alterne entre essai lyrique, Mesure de la France, et roman analytique, L’homme couvert de femmes. En 1926, il rencontre Emmanuel Berl lors de son passage à La Revue hebdomadaire. 1927 est l’année de l’amitié majeure de Drieu avec André Malraux qui sera fidèle à sa mémoire jusqu’au bout. Il écrit des articles pour Bertrand de Jouvenel à La Lutte des Jeunes en 1934 et fait la connaissance du militant Pierre Andreu, son futur biographe.
 
Il écrit sa profession de Foi dans Socialisme fasciste : « Cette envie de faire une politique de gauche avec des hommes de droite. » La même année, il rencontre Ernst von Salomon à Berlin. Drieu excelle dans le journal intime ou le témoignage introspectif. Ses réflexions décadentistes et ses descriptions pessimistes du monde littéraire et politique font de lui le meilleur mémorialiste de son temps. Sans oublier, la grâce de sa plume de journaliste que l’on retrouve dans les recueils d’articles : Chronique politique, 1934-1942 et Le Français d’Europe. En 1936, il adhère au Parti Populaire Français, dirigé par Jacques Doriot, ancien communiste, et ne manque pas le rendez-vous de Saint-Denis. Il écrit régulièrement dans L’Émancipation Nationale, organe de presse du parti. En 1939, il envoie sa lettre de démission au P.P.F.
 
Après la défaite de 1940, il prend en main la direction de la N.R.F. Il donne aussi des articles à La Gerbe d’Alphonse de Châteaubriant. En 1943, il collabore à l’hebdomadaire Révolution Nationale de Lucien Combelle. Il se réclame « socialiste européen » mais déchante très vite, en voyant l’imminente chute du IIIe Reich. La conception de l’Europe de Drieu reste idéalisée et utopique car influencée par les lectures d’auteurs romantiques allemands. Il s’intéresse de plus en plus aux mystiques hindoues.
 
Traqué et vivant dans la clandestinité, il se suicide, à l’âge de 52 ans, après avoir achevé son Récit secret où il déclare : « je me suis conduit en pleine conscience, au milieu de ma vie, selon l’idée que je me fais des devoirs de l’intellectuel. » C’est le testament sincère d’un humaniste sensible, d’un ascète et d’un poète lucide en quête d’absolu dans une époque tourmentée et déliquescente.
 
Malgré une œuvre inégale, une vitalité et un tempérament unique se dégagent de tous ses livres. « D’abord, je suis un écrivain inégal. L’essentiel de ce que j’avais à dire je l’avais tout de suite marqué, mais en appuyant sur la plume avec une force maladroite. Il y avait dans mes premiers écrits le meilleur et le pire. Pour une raison de vie et de mort, je devais donc dégager ce meilleur de ce pire. » (Écrits de jeunesse, 1941) Et Pierre Drieu La Rochelle peut être perçu comme le fils spirituel de Friedrich Nietzsche et de Maurice Barrès.
 
Charles van Urick
source : http://drieu-la-rochelle.ifrance.com
 
* ainsi que Louis-Ferdinand Céline et son Voyage au bout de la nuit.

18.08.2007

Tintin n’a pas que des copains…

BRUXELLES (NOVOpress) - L’auteur de la ridicule plainte pour racisme contre l’album « Tintin au Congo » est un étudiant congolais de 38 ans !!! Mais s’il est étudiant en science politique, il semble pourtant plus attiré par le droit.
 
Car Bienvenu Mbutu Mondondo, c’est son nom, semble être un grand spécialiste de la procédure pénale. Il a en effet déjà lancé au moins 2 autres procédures pénales.
 
D’abord contre l’office belge de la SA Ducroire pour complicité de « vol au Congo du minerai de germanium appartenant à la société Gécamines ». Si cette affaire peut nous paraître totalement obscure, elle semble par contre avoir eu un certain retentissement au Congo.
 
Est-ce cette même volonté de se faire remarquer qui a également poussé Bienvenu Mbutu Mondondo à déposer plainte à l’office du juge d’instruction Louis Bruguière, en charge de la division antiterroriste du Parquet près le tribunal de Grande instance de Paris contre Joseph Kabila de complicité dans les massacres des Congolais et Hutus rwandais dans la localité de Tingi-Tingi dans la province orientale ?
 
Quoi qu’il en soit, l’intéressé n’est pas seul dans ses multiples croisades juridiques. Les 2 plaintes que nous venons de citer l’ont été au nom d’une asbl qui se dénommerait « CERCO ulb » (Centre d’étude, de recherche et de coopération belgo-congolais de l’Université libre de Bruxelles). ASBL dont nous n’avons malheureusement pas trouvé trace au Moniteur Belge sous cette dénomination (mais il est tout à fait possible que nous ayons mal cherché…).
 
S’il va de soi qu’il est de son bon droit de porter plainte autant de fois qu’il le veuille, on ne peut s’empêcher de se poser quelques questions :
 
- qui finance ces plaintes avec constitution de partie civile ? (qui sont assez onéreuses)
- quel est le but ? (outre obtenir saine justice bien évidemment)
- Bienvenu Mbutu Mondondo « roule »-t-il pour certaines forces politiques congolaises et/ou belges (ce qui en soit n’est bien évidemment pas répréhensible) ?
- Quel est le sens de cette très médiatique plainte contre Tintin ?
 
Enfin, sans rancune, on lui souhaite quand même bonne chance s’il a des examens de passage. Parce que, c’est pas tout d’être médiatique, mais ce serait bien d’avoir fini ses études pour ses 42 ans.
 
[cc] Novopress.info, 2007, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://be.novopress.info]

01.09.2006

Entretien bidon : Guillaume Faye s'explique.

Propos recueillis par Fabrice Bianco pour Novopress France.
 
Depuis plusieurs mois, un entretien de Guillaume Faye circule sur internet. Cet entretien est un faux, ainsi que Novopress l’expliquait dans son édition du 3 août 2006 (1).
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Nous écrivons bien « depuis plusieurs mois », parce que son apparition sur le net est beaucoup plus ancienne que nous le pensions. Chronologiquement, on en trouve la première trace sur un blog (2) dès le 17 mai (soit près de deux semaines avant qu’un inconnu ne la propose « en exclusivité » à la rédaction de Novopress) : une intervenante en cite les extraits qui révèlent le passé « néo fasciste » de Joseph Macé-Scaron, actuel rédacteur en chef adjoint de Marianne, mais qui a fait ses premières armes au GRECE (3). L’auteur du message renvoie à Indymedia Paris, mais on n’y trouve depuis nulle trace de l’entretien (4). Il est à nouveau fait mention de celui-ci le 31 mai, sur les sites de l’hebdomadaire Marianne (5) et de Hardware.com (6), le 2 juin sur le forum d’Adsav.info (7). En outre, la fiche que l’« Encyclopédie libre » Wikipédia consacre le 15 juin à Joseph Macé-Scaron cite elle aussi l’entretien et, dans un style étonnamment similaire, en reprend les principales informations (8). C’est pourtant sa récente publication le 27 juin sur le forum de Subversiv.com (9), reprise sans vérification par Altermedia.info (10) puis par divers sites étrangers, qui a déclenché l’actuel micro scandale qui secoue aujourd’hui la « mouvance nationale ». La supercherie a depuis été révélée par France-Echos qui a démenti avoir réalisé ou publié le moindre entretien de Guillaume Faye.
 
Bien évidemment, chacun s’interroge sur le ou les auteurs de cette opération de désinformation. Car il s’agit bien d’une véritable opération. Le faux entretien est trop bien documenté, trop détaillé pour être l’œuvre d’un amateur. Son apparition sur différents sites prouve la volonté de lui garantir un retentissement maximum. Autre question : qui est visé ? Guillaume Faye ? A priori cela semble évident. Mais pourquoi et par qui ? Certains milieux sionistes, qui depuis quelques temps aimeraient bien enrôler les « nationaux » sous la bannière d’Eretz Israël, ont-ils cherché à s’accaparer l’écrivain malgré lui ? Ou bien, certains « révolutionnaires » islamolâtres ont-ils tenté de discréditer un penseur dont l’influence est indéniable dans les milieux de la Droite radicale au plan international ? La cible ne serait-elle pas (aussi) Joseph Macé-Scaron, dont le passé, que d’aucuns jugent sulfureux, est opportunément révélé ? Dans ce cas, la mise en avant de Faye ne servirait-elle qu’à brouiller les pistes ? Le chef d’orchestre a-t-il voulu faire d’une pierre deux coups : mettre la zizanie dans la « mouvance nationale » (ou y asseoir sa position) tout en « grillant » professionnellement un ancien gréciste rangé des voitures ? Il est encore trop tôt pour répondre à ces questions.
 
Pour l’heure, Guillaume Faye, joint par téléphone, nous livre en exclusivité ses commentaires sur cette opération de désinformation et il en profite pour nous révéler les grandes lignes de son prochain ouvrage.
 
Novopress : Guillaume Faye, un entretien que vous auriez accordé au site France-Echos circule actuellement sur le net. Vous y tenez des propos étrangement pro-sionistes et pro-israéliens et vous y réglez des comptes avec certains anciens amis de la Nouvelle Droite, notamment l’écrivain et journaliste Joseph Macé-Scaron. Or France-Echos vient de démentir avoir publié le moindre entretien de vous. Confirmez-vous que celui-ci est un faux et, si c’est le cas, d’où vient le coup ?
 
Guillaume Faye : Je viens d’apprendre l’existence de cet entretien. Comme je n’ai pas internet, je le découvre grâce à votre envoi. Je n’ai jamais rencontré qui que ce soit de France-Echos et je n’ai jamais donné cet entretien. Je ne peux pas affirmer avec certitude d’où vient le coup mais ça ne m’étonnerait pas qu’il vienne des mêmes qui m’avaient piégé voici six ans avec une interview bidonnée. Concernant mes « anciens amis du GRECE », je me souviens qu’il y a bien six mois, dans un dîner, quelqu’un qui se présentait comme le collaborateur d’une jeune revue m’a demandé si Joseph Macé-Scaron avait été membre de cette association. J’ai répondu oui. Il m’a demandé s’il était anti-juif. J’ai répondu : « je n’en sais rien et je n’en ai rien à cirer ! ». Et c’est tout. Point final. Les propos qu’on me fait tenir dans cet entretien sont complètement contradictoires avec tout ce que j’ai écrit dans mes bouquins. Alors, je ne sais pas d’où vient le coup, mais visiblement il y a quelqu’un qui cherche à provoquer la division dans nos milieux. Et puis il y a des types que je n’ai jamais rencontrés, ou que j’ai rencontrés dix minutes une fois dans ma vie et qui me détestent. Allez savoir pourquoi ! Je crois qu’il doit y avoir aussi de la jalousie… Le problème d’internet, c’est que l’on peut y raconter ce que l’on veut, sans aucun contrôle possible. Moi, j’ai tapé mon nom et j’ai trouvé ma biographie : tout est faux ! On m’attribue des bouquins que je n’ai pas écrits, on ne mentionne pas des bouquins que j’ai écrits, on raconte n’importe quoi sur ma biographie comme sur mes idées. Et on ne peut pas faire de procès parce que ça coûte cher. Précision : les petits malins qui ont publié en ligne cette interview ont repris en les déformant des idées sur Israël et les juifs exprimées dans mon livre « Le coup d’Etat mondial, essai sur le Nouvel Impérialisme Américain », sans doute afin de « coller » à mon style. Mais maladroitement. Je suis ravi qu’on s’intéresse tant à mes positions, mais, de grâce, qu’on me lise avec attention. Je sais que c’est beaucoup demander à une génération qui fatigue au bout de 3.000 signes sans photo.
 
Novopress : Est-ce la première fois que vous êtes victime de ce genre de manœuvres ?
 
Guillaume Faye : Non, comme je l’évoquais, il y a déjà eu, il y a deux ans, la publication d’une pseudo interview où deux gugusses m’avaient enregistré et qui ont ensuite raconté n’importe quoi et publié une interview truquée dans une feuille d’extrême droite et sur internet. A l’époque je n’ai pas fait de procès parce que « extrême droite contre extrême droite », ça finit toujours par des éclats de rire de l’adversaire. Je suis sans cesse victime de propos qu’on me prête et la meilleure chose à faire pour connaître mes opinions est de lire mes bouquins, mes articles et ma lettre d’information Signal D’Alarme (SDA - Constant Héraut, 5, Cours Dr J. Damidot, 69100 Villeurbanne).
 
Dans l’affaire d’aujourd’hui, il y a quand même un truc très curieux. Je me suis rendu au congrès d’American Renaissance, un lobby anti-Bush dont la position est « plutôt que d’aller faire les cow-boys en Irak, occupons-nous de notre frontière mexicaine. » Ils ne sont ni pro sémites, ni antisémites et ils se désintéressent totalement du conflit israélo-palestinien. Suite à ma conférence, des articles contre moi ont été publiés, notamment dans le Washington Post. Ce que j’ai dit pendant cette conférence, c’est : « plutôt que d’aller faire les cons au Moyen Orient, défendez-vous sur votre sol contre les flux migratoires qui sont moins graves que les nôtres mais qui sont quand même importants. » Mon topo, comme ceux que j’ai prononcés récemment en Russie, en Espagne, en Allemagne et au Canada, était uniquement axé sur la défense, dans le monde entier, de l’identité menacée des peuples d’origine européenne, autour de quatre notions :
 
- ethnopolitique au dessus de la géopolitique ;
 
- Eurosibérie ;
 
- Septentrion et choc Nord-Sud ;
 
- Menace de l’Islam.
 
Là-dessus, on m’envoie une photo parue sur le site de vox nr (11) : moi en train de parler sur fond de drapeau israélien. Ce qui est extraordinaire, c’est que sur cette photo je suis en costume et cravate noirs. Or, lors de la conférence d’American Renaissance, je portais un veston blanc. Et surtout, j’y apparais en noir et blanc sur fond de drapeau en couleur ! Et le texte de l’intervention qui m’est attribuée est complètement faux ! On n’a pas parlé des juifs, ce n’était pas le sujet. Le discours que j’ai fait (et que j’ai fait à deux reprises en Allemagne) s’intitulait « De la géopolitique à l’ethnopolitique » et je n’abordais pas la question juive. Mais au cours de la conférence, David Duke, le Président de l’European American Unity and Rights Organization, m’a demandé : « qu’est-ce que vous pensez du conflit israélo-arabe ? » Je lui ai répondu : « Ce n’est pas le sujet de mon intervention. Je ne me positionne pas là-dessus, pas plus que je ne me positionne dans le conflit entre les Tibétains et les Chinois. Ce n’est pas mon problème, je m’intéresse à ce qui se passe chez moi. » (12) Et c’est à la suite de ça que sont apparus sur internet des articles qui m’étaient hostiles et notamment cette photo de moi sur fond de drapeau israélien. Sincèrement, imaginez-vous un drapeau israélien au congrès d’American Renaissance ? Même au congrès de l’American Israel Public Affairs Comity, ils n’affichent pas de drapeau israélien. Il s’agit donc bien d’un montage grossier, ce qui prouve qu’internet n’est pas un media fiable. Dans ma lettre d’information SDA, je me fie beaucoup plus aux agences de presse internationales et à mes correspondants particuliers.
 
Et le plus extraordinaire, c’est que, d’après ce qu’on m’a dit, il y a un journal juif, que je ne connais pas (The Forward, je crois), qui a critiqué ma conférence en disant que j’avais parlé des juifs et en me présentant comme un horrible raciste et antisémite européen. Or, je n’ai jamais écrit la moindre ligne pour ou contre Israël, pour ou contre les juifs.
 
Novopress : Qui a intérêt à diviser la mouvance nationale sur la question proche et moyen orientale ?
 
Guillaume Faye : Selon moi, il s’agit de la petite fraction islamophile et pro-immigration que compte l’extrême droite, celle qui prend aveuglément parti pour les musulmans. Ma théorie, que je développe dans mon prochain livre et dont je vous parlerai tout à l’heure, est que nous n’avons pas à défendre les musulmans au nom de je ne sais quelle idéologie des Droits de l’Homme alors qu’ils nous envahissent en ce moment. Qu’est-ce que j’en ai à battre que juifs et Arabes se fassent la guerre entre eux ? Ce n’est pas mon problème ! Ce n’est pas le problème des Européens. On a d’autres urgences à régler. Selon moi, au Liban les Israéliens se sont laissés prendre dans un piège, comme les Américains en Irak. C’est ce que je dis dans mon bouquin sur le nouvel impérialisme américain. On peut être antiaméricain, antisioniste, ce qu’on veut, mais il est lassant que les Européens s’intéressent sans cesse aux autres. On a des problèmes bien plus urgents à régler. Nous ne devons pas nous déterminer par rapport à une problématique judéo-arabe. C’est de la déculturation politique. C’est une sortie de l’Histoire. Nous devons nous recentrer sur les défis qui nous menacent. Apprenons à être enfin égoïstes comme le sont tous les peuples du monde.
 
Novopress : La focalisation quasi exclusive de certains sur des évènements qui - pour extrêmement importants qu’ils soient - se déroulent à des milliers de kilomètres, et surtout, sur lesquels la « mouvance nationale » n’a aucun moyen d’action réel, n’est-elle pas aussi une façon de maintenir celle-ci dans le domaine du simulacre et de l’imprécation et de la dissuader d’agir concrètement sur ce qui se passe dans nos rues ?
 
Guillaume Faye : Exactement ! Il faut agir concrètement dans la rue. C’est ce que font les Identitaires avec leurs soupes pour les sans-abri. Mon copain Philippe Randa, des Editions Dualpha, vient de publier un livre de Gilles Falavigna (13) sur l’état des banlieues. Falavigna est un type qui a travaillé à Drancy dans le secteur social. Lorsqu’il a été interviewé par Rivarol, il a déclaré que dans les banlieues, les juifs étaient sans doute contre les Arabes, ce qui est somme toute logique, mais que ce n’était pas son problème : lui, il s’intéresse aux femmes voilées, aux filles blanches violées, etc. Moi, qu’est-ce que j’en ai à faire que les Israéliens bombardent Cana ? Est-ce que Jules César, lorsqu’il partait à la conquête de la Gaule, s’intéressait à ce qui se passait en Chine ? Il y a dans nos milieux une obsession judéo-maniaque : pour ou contre les juifs ? Pour ou contre les Israéliens ? Je fais paraître à la rentrée un livre dont je ne révèle pas encore le titre mais qui traite de ce problème juif. J’y écris que la communauté juive est complètement divisée, schizophrène et au bord de l’explosion. Mais ça ne résoudra pas notre problème. Ce sujet obsède tout le monde et c’est pour bien mettre les choses au point - et afin d’établir pour nos milieux une doctrine enfin claire et simple sur la question juive et la question d’Israël, sans haine, sans tabous, sans inféodation - que j’ai décidé d’écrire ce livre. JE NE SUIS NI SIONISTE, NI ANTISIONISTE : CE N’EST PAS MON PROBLÈME !
 
Novopress : Afin de clarifier les choses une bonne fois et pour faire taire les rumeurs, êtes-vous oui ou non devenu sioniste ?
 
Guillaume Faye : Enfin ! Comment voulez-vous que je sois sioniste puisque je ne suis pas juif ? Je ne suis ni sioniste, ni antisioniste : ce n’est pas mon problème ! On n’a pas à prendre parti. Est-ce qu’un Africain ou un Israélien va se demander : « suis-je pour Ségolène Royal ou pour Sarkozy ? » Il n’en a rien à foutre ! Il faut oublier ces problèmes-là ! On a un problème en France, c’est l’immigration. Alors bien sûr, la question qui se pose, c’est effectivement le rôle des intellectuels juifs dans celle-ci. Ces derniers, d’ailleurs, sont en train de tourner casaque et de se mordre les doigts de ce qu’ils ont fait. Mais, comme je le démontre dans mon prochain essai, le lobby immigrationniste est très loin d’être dirigé par l’intelligentsia juive ! Le rôle des goyim francs-maçons, chrétiens, néo-marxistes islamolâtres y est beaucoup plus important.
 
Novopress : Donc, Guillaume Faye avec une kippa ce n’est pas pour demain ?
 
Guillaume Faye : Je ne porterai pas plus la kippa que le turban. Je ne me détermine pas face au camp des autres. Je ne suis ni sioniste, ni pro-juif, ni anti-juif, ni quoi que ce soit. C’est une question que je traite de manière historique. C’est le sujet du livre que je vais publier à la rentrée aux Editions du Lore et que j’évoquais tout à l’heure. Je sais que les doctrines que j’y développe heurtent tous les camps, tous les dogmes, toutes les certitudes. Je me moque de prendre des coups et d’être diffamé. Verba volent, scripta manent, les écrits restent, les paroles volent.
 
Novopress : Dans ce livre à paraître à la rentrée, vous abordez la question juive ?
 
Guillaume Faye : Dans ce livre, dont un élément paraîtra dans le prochain numéro de ma lettre d’information SDA, je dis : « Voilà ce que sont les juifs, voilà ce qu’ils ne sont pas. » Je dis tout d’abord, que la communauté juive n’est plus ce qu’elle était dans les années soixante et soixante-dix. Elle est maintenant très ennuyée. Il faut savoir qu’il y a deux communautés juives. L’une, religieuse, qui ne s’intéresse qu’à elle-même. La deuxième, composée des intellectuels juifs, est celle qui a favorisé l’immigration. Et au sein de cette communauté, beaucoup (mais pas tous) s’aperçoivent qu’ils ont commis une énorme erreur en faisant ça. Le représentant-type en est Finkielkraut. Ils se disent qu’après tout, ils auraient peut-être dû rester en Europe parce que, contrairement à ce qu’on a prétendu, les Européens n’ont pas été si antisémites que ça, en tout cas beaucoup moins que le monde arabe. La preuve : les juifs, après l’indépendance du Maghreb, sont venus en France. Pourquoi ne sont-ils pas restés là-bas ? Bizarre, non ? La deuxième thèse que je défends dans mon livre, c’est que l’Etat d’Israël est peut-être, à terme, condamné pour des raisons démographiques. Mais je ne trouve aucune matière à m’en réjouir et je ne vois pas en quoi l’éradication d’Israël résoudrait nos problèmes face à l’assaut de l’Islam et du Tiers-Monde. Ma troisième thèse est en fait une question philosophique : pourquoi ce petit peuple a-t-il eu tant d’influence sur le monde occidental ? Je ne suis ni anti-juif, ni pro-juif, ni anti-Arabe, ni pro-Arabe, j’observe l’Histoire. Et je dis que dans le monde à venir, qui sera en partie dominé par les puissances émergentes et colossales, la Chine et l’Inde, la question juive perdra progressivement de son importance. J’aborde également le problème du révisionnisme. Simone Veil elle-même a souhaité l’abrogation de la loi Gayssot en estimant qu’elle avait été une énorme bêtise. Aux USA, les lobbys juifs se sont toujours opposés à des lois de ce type. Je dis que nos milieux commettent une erreur en pensant qu’une fois que LE tabou sera levé, tout va changer. Le problème, c’est que 95 % des Arabes sont révisionnistes et que ça ne change rien pour nous. Les Européens ne sont pas culpabilisés par la Shoah, ils sont culpabilisés par le colonialisme, l’accusation d’esclavagisme, l’ethnomasochisme chistianomorphe et l’égalitarisme d’une manière générale. Les Européens sont culpabilisés par une maladie intérieure. Les juifs ont peu de choses à voir là dedans. Donc pour moi, le révisionnisme n’est pas le combat essentiel.
 
Novopress : Force est de constater, depuis cinq ans, l’éclosion sur internet de sites soi-disant « patriotiques » et « anti-immigration » viscéralement sionistes et pro israéliens. On a vraiment l’impression d’assister à une opération de séduction des milieux nationalistes et identitaires par certains membres de la communauté juive. Cette séduction consiste, sur ces sites, à leur dire : « allez, les p’tits gars ! Montez en première ligne contre les hordes d’immigrés arabes et antisémites et faites le sale boulot ! » Cela renvoie directement au Prince, dans lequel Machiavel décrit des stratégies similaires ; avec l’élimination de ceux qui se sont salis les mains (et suscités quelques rancoeurs) une fois la besogne accomplie. Qu’en pense le Machiavélien que vous êtes ?
 
Guillaume Faye : Moi, ma réponse est très simple : « je n’ai besoin de personne en Harley-Davidson ! » Même si des nationalistes juifs se rallient à notre cause, je ne m’allierai pas avec eux contre les Arabes. Il ne faut pas envisager d’alliance avec la communauté juive. Il faut cyniquement raisonner comme eux. Ils se défendent de leur côté, nous nous défendons du nôtre. Il ne faut pas qu’ils s’imaginent une seconde qu’on va se battre pour eux. De même qu’ils n’ont pas l’intention de se battre pour nous. On se bat pour nous ! C’est le problème de la troisième voie. Il est hors de question de s’allier aux juifs contre les Arabes, ou de s’allier aux Arabes contre les juifs. En plus, les juifs ne représentent pas en France une menace démographique. Certains représentent pour nous une menace politique et culturelle, mais il s’agit d’une minorité d’intellectuels juifs. Et ce n’est pas en tant que juifs qu’il faut attaquer ces intellectuels qui nous détestent, mais en tant qu’idéologues décadentistes et naïfs. Il ne faut surtout pas tomber dans le piège de l’antisémitisme anti-dreyfusard. Sinon, ça leur devient hyper facile de nous attaquer avec les habituelles accusations d’être en faveur de la « Shoah ». Bref, moi je dis simplement : « arrêtons d’être obsédés par les juifs ! ». Nous n’irons pas les défendre. Ils ne viendront pas nous défendre. La meilleure position est de les considérer en tant qu’un peuple comme les autres. Simplement, j’estime que six millions de musulmans présents en France et en augmentation constante semblent poser un problème ethnopolitique plus grave et plus pressant que six cent mille juifs. Il ne faut pas être obsédé par le passé, mais préparer l’avenir et ne pas vivre avec un rétroviseur dans la tête.
 
Novopress : Sans se focaliser sur le Proche et le Moyen Orient, peut-on vraiment se désintéresser de ce qu’il s’y passe, dans la mesure où ces évènements sont susceptibles d’entraîner des conséquences pour la France et pour l’Europe ? Peut-on vraiment se désintéresser des propagandistes qui essaient de mettre la confusion dans l’esprit des gens entre ce qui se passe dans les banlieues françaises et ce qui se passe en Palestine, en tentant d’assimiler jeunes palestiniens aux racailles de banlieues ?
 
Guillaume Faye : Bien sûr que non ! Il ne s’agit pas de s’en désintéresser ni d’assimiler les émeutiers des banlieues aux Palestiniens. La révolte des banlieues est ethnique. Elle est principalement motivée par un complexe d’infériorité et de revanche qui relève de la psychanalyse politique. L’assimilation aux Palestiniens est bidon. Ce que je dis, c’est que nous aurions des problèmes en banlieues même sans le conflit au Moyen Orient, et que nous aurions des problèmes avec le djihad et avec les musulmans même sans l’existence de l’Etat d’Israël. Israël n’est pas un facteur déclenchant, mais aggravant. Ce que peu de gens savent, et que j’explique dans mon prochain livre, c’est que le sionisme ne date pas de 1947. Les premières colonies juives en Palestine remontent aux années 1880 sur des terres achetées par le Baron de Rothschild. Donc, Il ne faut pas se désintéresser des problèmes au Proche et Moyen Orient, mais il ne faut pas se focaliser dessus. Lorsque, dans nos milieux, je vois certains militants s’inquiéter de la cause palestinienne - « masturbation mentale, substitution d’idéal-type » - ou plaindre les libanais bombardés par Israël, je constate que ces derniers ne s’intéressent pas à nos problèmes au moment même où nous sommes en proie à une islamisation massive. Pourquoi s’indigner pour les autres ? Lorsque j’en vois d’autres se solidariser à fond avec Israël, je me pose la même question. Pourquoi penser qu’Israël est le bouclier de l’Occident ? Notre seul bouclier, c’est nous-mêmes. Machiavel disait qu’on ne combat que pour soi-même et que toute alliance ne doit jamais dépasser un certain « degré d’intensité » qui est « le seuil de la naïveté ». Tout le problème est de se définir soi-même, de s’attacher à sa propre identité plus qu’à celle des autres. It’s a long way… Je préciserai tous ces points dans mon prochain bouquin. On va bien rigoler…
 
Propos recueillis par Fabrice Bianco pour Novopress France
 
(1) http://fr.novopress.info/?p=5623
(2) http://elizabethflory.blogs.com/weblog/2005/12/illustres_incon.html
(3) Groupement de Recherche et d’Études pour la Civilisation Européenne
(4) http://paris.indymedia.org/article_propose.php3?id_article=62077
(5) http://www.marianne-en-ligne.fr/forum/categories/virtual/3385/50165/reponses.phtml
(6) http://forum.hardware.fr/hardwarefr/Discussions/Le-journal-Marianne-sujet-52019-1.htm
(7)http://www.i-services.net/membres/forum/messages.php?user=46213&idsalon=85645&idsujet=956652&page_index=0
(8) http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Mac%C3%A9-Scaron
(9) http://forum.subversiv.com/index.php?id=190644
(10) http://fr.altermedia.info/general/guillaume-faye-avoue_9376.html
(11) http://www.voxnr.com/cc/tribune_libre/EEuEVZAkFlvGyogzKI.shtml
(12) Un compte-rendu de la conférence est disponible (en anglais) sur http://www.davidduke.com/?p=496
(13) Gilles Falavigna : Banlieues en feu, préfacé par Nicolas Tandler, Éditions Dualpha, 2006 (http://www.libre-diffusion.com/)